Shaping Pulse

Shaping Pulse [Nietzsche ta mère]

En juin 2022, j’ai peint une fresque sur un mur de 12 m² avec des enfants de 2 et 3 ans. J’ai été captivé par la manière qu’elles et ils ont d’empoigner crayons, feutres et pinceaux, fascinés par leur approche primitive. Mon rôle a été celui d’un observateur chargé de donner une forme plus lisible à leurs instincts sauvages.

En 2023, j’ai voulu voir ce que ça pourrait donner si j’essayais d’en faire autant… tout seul.

Alors j’ai cherché un peu de carburant du côté des philosophes, histoire de mettre quelques mots sur ma démarche. Dans une révélation prodigieuse, quasi divine, j’ai su que ce que je cherchais dans le fond, c’était un équilibre entre le dionysiaque et l’apollinien — une manière à moi de fixer mes vertiges.

**Le point de départ** a toujours été une trace noire exécutée sans aucune pensée préalable. Un geste spontané et sans à priori, suivi d’un moment d’observation. Puis décortiquer, déchirer, recomposer. La recherche d’équilibre devient le prétexte à la mise en forme esthétique d’un geste instinctif initial.

Mes expérimentations ont donné naissance à une série de collages ayant pour ligne directrice : **L’impulsion mise en forme**.
***
*L’artiste n’est pas celui qui nie la vie, qui la modifie pour la rendre supportable. L’artiste n’est pas celui qui embelli le monde, qui le maquille. L’artiste est celui qui nous livre le monde en plein visage. Il est celui dont la nature s’empare, pour qu’il réinjecte dans la nature ce qui anime la nature. Pour que la nature se renouvelle sans cesse à travers nous, pour que la nature se transcende elle-même, pour que chaque jour soit la musique d’une danse perpétuelle.*
**Amor Fati** — Friedrich Nietzsche, 1888
***
*J’accorde plus d’importance aux accidents rencontrés et intégrés consciemment qu’à l’atteinte d’un objectif formel. Mon art est un constant rattrapage de mes erreurs.*
**Le Glitch Project** — Claude Billès